La représentation du corps humain à la Grèce antique

La représentation du corps

Les statues de la Victoire de Samothrace et de la Vénus de Milo figurent parmi les œuvres les plus admirées du Louvre. Ces chefs d’œuvre incarnent par excellence” l’esprit grec ” dans une conception saisissante de la figure humaine. La vision helléniste du corps humain a profondément marquée l’art occidental.

Les artistes de la Grèce antique se sont essentiellement inspirés par la figure humaine, le corps humain pour créer un art à la mesure de l’homme et centré sur lui, contrastant avec les autres civilisations antiques qui l’ont précédé, toutes tournées vers un divin inaccessible. Dans l’Egypte ancienne, le dieu Thot est le créateur de l’écriture et, par là même, de toute représentation figurée, en conséquence magique et potentiellement vivante. Forcément parfait dès ses débuts, cet art, au service des dieux et des morts, se voit contraint par des principes fondamentaux indispensables à l’équilibre de l’univers. On comprend dès lors le conservatisme égyptien en ce domaine pendant plus de 3000 ans. Dans ce cadre très rigide, les innovations sont, somme toute, modestes car risquées. En revanche, en Grèce, toute création humaine représente la perfection et cette amélioration constante est nécessaire pour obtenir la faveur de dieux difficiles et capricieux. La notion “agôn”, de compétition, qui était le moteur essentiel de la société grecque, pousse ainsi les artistes de toutes les cités à des évolutions constantes à chaque génération. Ainsi, en moins de sept siècles, les figures vont se métamorphoser en Vénus de Milo et Gladiateur Borghèse. C’est ainsi qu’au cours du dernier millénaire av. J.-C., la civilisation grecque va installer les bases de toute la création artistique à venir en Occident. La nudité dans le monde de l’art grec antique n’a rien d’exceptionnelle. En effet, les sports se pratiquaient nu, notamment lors des grands jeux panhelléniques qui rassemblaient toutes les cités de la Grèce antique, comme par exemple à Olympie. Ainsi, pour les Grecs, représenter la nudité revenait à affirmer leur identité et démontrer leur degré de civilisation. Ces statues pouvaient représenter des divinités, des serviteurs de ces dieux, des athlètes vainqueurs, ou même le défunt sur sa tombe. Leur fonction religieuse impose donc un conservatisme extrême et les artistes de toute la Grèce reprennent ces images. Les historiens d’art grec peuvent déterminer la provenance par le style, propre à chaque cité antique, à chaque “école” artistique car un sculpteur athénien ne fera pas le même couros qu’un sculpteur d’Argos.

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Pourquoi de nombreuses œuvres de l’antiquité ont-elles disparu ?